Dany Lafferrière : Haïti et le Québec entrent enfin à l’Académie

Menacé par le régime de Duvallier, fuyant Haïti, Dany Lafferrière débarque en 1976 dans un Montréal en pleine ébullition. Les projecteurs de toute la planète sont braqués sur la capitale québécoise en cette année olympique. Pointe une furieuse envie d’exister.. Un parfum de liberté souffle sur la ville, en pleine « Révolution tranquille ». L’Eglise perd sa prépondérance, le français y retrouve ses lettres de noblesse et la culture déborde de son fleuve canadien, inondant bientôt le monde francophone. Une atmosphère propice à la création. Ses premières semaines passées à Montréal,Dany Lafferrière les consacre à lire. Il s’enferme pour savourer les livres dont il n’avait eu accès qu’à des extraits à Port-au-Prince. Il dresse le parallèle entre son pays et son nouveau pays d’adoption : « Haïti ne possède rien, sauf l’indépendance. Le Québec a tout, sauf l’indépendance ».

Il publie son premier roman en 1985 : « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ». Dans son dernier livre (« L’Art presque perdu de ne rien faire »), l’écrivain souhaite, dans une société vantant frénétiquement l’immédiateté et la précipitation, réhabiliter la lenteur. A l’image de sa grand-mère buvant du café toute la journée.

Dany Lafferrière rejoint la maison d’Alexandre Dumas, dont la grand-mère était une esclave haïtienne.

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