Goncourt 2016 : un signal envoyé à la francophonie

« Le français et la francophonie seront toujours portés par des métèques, sans qu’ils n’aient de grands-parents gaulois ». Par ces mots, l’écrivain Tahar Ben Jalloun saluait l’arrivée de sa compatriote marocaine, Leïla Slimani, dans le cercle des lauréats du prix Goncourt. Ils sont nés au Vietnam, en Algérie ou en Roumanie : depuis la création du prix, 25 lauréat sont nés à l’étranger, soit 22%. Leïla Slimani est née à Rabat dans une famille d’expression française et a suivi sa scolarité dans le lycée français de la capital. Mais certains lauréats ne proviennent parfois pas de pays francophones. Nés en Lituanie, en Chine. Ou aux Etats-Unis : l’américain Jonathan Littell a pu, par ce prix, acquérir la nationalité française pour sa contribution au rayonnement de la France, alors qu’il avait auparavant essuyé deux refus.

Contrairement à son drapeau ou à son hymne, le français n’appartient plus, depuis bien longtemps, à la France. Les écrivains et locuteurs francophones non français ne se contentent pas de parler la langue : ils la tricotent et détricotent. Leurs voix au chapitre nourrissent le français de mots et de couleurs parfois encore entendues sur les rives de la Loire. C’est justement l’objet du dernier ouvrage du linguiste Bernard Cerquiglini. Tout est dans le titre : Enrichissez-vous : parlez francophone.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>